COMMENT SE SPÉCIALISER EN MARKETING À LA SUITE D’UN PARCOURS SCIENTIFIQUE ?

J’ai souvent l’habitude de dire qu’il n’existe pas de parcours idéal, parce que même si certaines voies ont été tracées pour pouvoir arriver d’un point A à un point B de façon directe et linéaire, il existe bien d’autres parcours remplis d’aventures inattendues et enrichissantes. Pour les aventuriers qui aiment sortir des sentiers battus, laissez moi vous parler de mon expérience.


MON PROJET PROFESSIONNEL


Très jeune j’ai su que je voulais travailler dans la beauté. J’étais douée à l’école, j’ai fait une filière S et avec mon bac en poche je suis partie en fac de médecine pour travailler dans la médecine esthétique. En fait au lycée plusieurs domaines me plaisaient, j’avais longuement hésité avec l’architecture mais n’étant pas une grande fan des mathématiques, j’ai préféré m’orienter vers d’autres sciences. Mes deux années en médecine ont été très enrichissantes mais je me suis rendue compte que ce n’était pas fait pour moi.

C’est à ce moment que j’ai eu ma première réorientation : que faire après médecine quand on est une scientifique et qu’on veut travailler dans la beauté ? C’est en faisant des recherches à cette époque que j’ai découvert les métiers de la cosmétique, la formulation et le marketing m’intéressaient particulièrement. Quelques années plus tard j’étais diplômée d’une Licence de chimie et acceptée en Master Professionnel Formulation et Evaluation Sensorielle Cosmétique à l’ISIPCA. J’aurais pu devenir tout de suite cadre en R&D mais j’ai décidé de continuer mes études pour me rapprocher de mon rêve, la création et le pilotage de projets.


DES PASSERELLES FACILITÉS À L’ISIPCA


Avant mon inscription à l’ISIPCA j’y avais repéré deux master qui me plaisaient. Le premier, dans la suite logique de mes études était le master FESIPCA. Le second s’éloignait un peu plus de ce que j’avais fait auparavant mais se rapprochait beaucoup plus de ce que j’étais et de ce que je voulais devenir était le master 2 Marketing International de la Parfumerie et de la Cosmétique.

Seul hic ce dernier n’était accessible qu’en deuxième année, j’ai donc décidé de faire d’abord le Master FESIPCA qui me plaisait et qui était logique vu mon parcours pour ensuite si j’en avais l’occasion (si je réussissais les tests d’entrée) terminer mon cursus par le master 2 MIPC afin de me spécialiser en marketing.

Les avantages du master MIPC sont qu’il est accessible aux étudiants des filières scientifiques à la suite d’un M1 ou d’un M2 et d’une expérience en cosmétique, il est en alternance et les entreprises sont plus faciles à trouver que dans la plupart des formations du type, Il est gratuit d’ailleurs vous êtes même payés pour aller en cours, il est en partenariat avec l’ESSEC, 2ème meilleure école de commerce en France (juste derrière HEC) et il a un bon taux d’insertion professionnelle.

Malheureusement il n’était pas possible de quitter le master FESIPCA à l’issue de la première année donc j’ai terminé et validé mon cursus FESIPCA (M1 et M2) avant d’aller en MIPC. Bon ok j’exagère, j’avoue que deux ans dans les laboratoires du plus grand groupe de luxe au monde n’est pas un malheur d’ailleurs j’ai beaucoup aimé ces deux années passées avec des équipes plus que compétentes et honnêtement je sais que je me serais plu à y travailler plus longtemps. J’ai une énorme reconnaissance pour la maison Dior et tout ce qu’elle m’a apporté (mon grand amour professionnel !).


MON BILAN APRÈS 2 MOIS


Après 2 mois de formation je trouve qu’il y a une superbe ambiance dans ma promotion de marketing, malgré les idées reçues il y a beaucoup moins de prises de tête que quand j’étais en formulation ! Je ne pense pas qu’il y ait de règle générale, tout dépend des années, c’est comme les vins, certaines années sont à oublier, d’autres font des grands crus !

Il y a quand même deux grandes différences qui pourraient en partie expliquer la meilleure ambiance en MIPC, l’age des étudiants et les parcours hétéroclites. L’année dernière en FESIPCA, la promotion était très jeune, parce qu’en général les gens qui ont eu un parcours linéaire entrent en master à 20-21 ans alors que pour un master 2 comme le MIPC c’est plutôt 22 ans, sans compter que certains se sont inscrites après un parcours scolaire moins linéaire ou même après avoir quitté un poste en CDI dans une entreprise, si bien que cette année la moyenne d’age est plutôt de 25 ans. Du coup, niveau maturité ce n’est pas exactement la même chose, cette année on est plutôt dans la bienveillance, l’entraide et le partage. Étant donné que nous avons tous des parcours différents, c’est très enrichissant d’être au contact des uns et des autres.

Au niveau de la formation, c’est très intense ! Mais c’est aussi vraiment passionnant sauf la finance. On apprend beaucoup en un temps très court. Ceux qui viennent de parcours commerciaux rattrapent leurs lacunes sur le secteur du parfum, de la cosmétique et du luxe (marques, tendances…) et ceux qui viennent de parcours scientifiques rattrapent leurs lacunes en stratégies marketing, finance et management. C’est pour ça que parler avec tout le monde est important, d’ailleurs il y a énormément de travaux de groupe et de présentations orales, de quoi de venir un pro du powerpoint !

En deux mois j’ai également pu faire mes premiers pas en entreprise et je peux vous dire que ça change du labo, mais c’était aussi ça le but du changement d’orientation ! Ce qui me frustrait en R&D et surtout quand on est en développement c’est qu’on est moins en phase avec les tendances, la formulation nous prend tout le temps et au final on a moins de temps pour se poser et regarder ce qu’il se passe dans l’art, dans la mode ou l’architecture… alors que maintenant, c’est mon boulot d’être au courant ! Je suis à l’affut des nouveautés dans les magazines, sur les réseaux sociaux ou encore dans les études consommateurs afin de trouver des insights (ça c’est le mot pour crâner en soirée haha) qui vont nous permettre de développer des produits innovants pour les consommateurs. Je viens de commencer et je trouve ça passionnant, je sens que l’année va passer super vite !


QUEL AVENIR ?


D’une manière ou d’une autre, même si je n’avais pas été acceptée en MIPC j’aurais fait en sorte une fois sur le marché de l’emploi de m’orienter vers le marketing développement grâce aux évolutions de carrière. D’ailleurs en suivant des profils similaires sur Linkedin je me suis rendue compte que ce n’était ni impossible ni marginal de commencer en formulation au sein d’une entreprise et de terminer en marketing dans la même ou une autre entreprise. Cela prend juste un peu plus de temps que d’obtenir sa spécialisation via une année d’études.

Je travaille actuellement en maquillage chez BCM cosmétique, une entreprise du groupe FAREVA qui est l’un des plus grands sous-traitant au monde pour le marché de la beauté. Ma mission principale est de développer le maquillage sur la catégorie « face », c’est une des catégories les plus larges car elle est subdivisé par beaucoup de sous-catégories (fonds de teint, blushes, enlumineurs, finishers, anticernes, correcteurs…).

La création est une vraie passion pour moi et même si je suis fière de mon bagage technique acquis lors de mes années de formulation, je peux enfin laisser libre cours à mon imagination et être à l’affut des tendances ou encore mieux, faire les tendances, voilà mon avenir.

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